FUTU.RE

FUTU.RE

L’endoctrinement par l’éducation

Publié en 2015 sous la plume de l’écrivain russe de Métro 2033, Dmitri Glukhovsky, FUTU.RE raconte l’histoire d’un Immortel, Jan. Ce dernier fait partie de la société européenne du XXVe siècle, qui a trouvé l’antidote contre le vieillissement. Mais l’immortalité a un prix.

En tant que miliciens au service de la Phalange, leur objectif, à Jan et à ses pairs, est de traquer les personnes ayant eu des enfants illégalement pour leur imposer la loi du Choix : la jeunesse éternelle ou la vie de leur progéniture.

L’auteur aborde une ribambelle de thèmes : immortalité, vieillesse, politique, surpopulation, immigration, religion, enfance, maternité… Nous vous avons proposer sur Instagram de choisir entre deux sujets : la relation entre un parent et son enfant ou la peur de vieillir. Nous sommes tombés sur une égalité parfaite. En conséquence, j’ai opté pour un angle différent. D’après vous, de quelle façon et à quel point l’éducation que nous recevons nous impacte tout au long de notre vie ?

L’Éducation dans la caverne

Les enfants des contrevenants deviennent des miliciens au service de l’Europe. Jan a été élevé dans un internat sous le matricule 717. Il n’a connu ni son père, ni sa mère, mais se les figure comme des criminels.

Quand nous sommes petits, nous voyons le monde à travers les yeux de nos géniteurs et/ou de nos précepteurs. Les bambins qu’on accueille à l’internat se trouvent livrés à eux- mêmes, dans un endroit où ils ne reçoivent pas l’amour de leurs parents. On les traite avec indifférence.

On fait d’eux de futurs soldats au service de l’État. Comme dans un camp militaire, ils dorment tous dans la même pièce et, plus vieux, ils répondent immédiatement quand ils sont appelés.

On les affuble d’un matricule, ne leur autorisant à reprendre leur nom qu’une fois entamée leur vie d’immortel. Et, pour les plus rebelles qui expriment une façon de penser différente à celle qu’on leur impose, ils sont envoyés à la « crypte » en guise de punition. Ils y passent un temps indéfini, ne peuvent rien voir, rien entendre, rien faire, se retrouvant seuls avec leurs pensées.

Ces éléments nous font réaliser qu’une forme de déshumanisation est mise en place pour faire en sorte que les enfants, en grandissant, cessent de remettre en question ce qu’on leur inculque et cessent d’avoir des aspirations.

Un passage dans le chapitre 4 illustre parfaitement ce qui vient d’être dit : « Vers l’âge de dix ans, plus personne ne s’inquiétait de savoir où se trouvait l’internat, et vers douze ans tout le monde se foutait bien de savoir que nul destin glorieux ne nous attendait et que nous n’avions aucune sorte d’utilité ».

Ainsi, pendant une grande partie du bouquin, nous avons affaire à un Jan qui correspond parfaitement à ce que la société a voulu faire de lui. Il chasse les contrevenants. Il les méprise pour ce qu’il pense être de l’égoïsme, les parents n’enregistrant pas leur enfant pour ne pas subir l’injection qui les conduira à mourir de

vieillissement. Ces hommes et ces femmes condamnent leurs enfants à finir dans des internats comme lui en agissant de la sorte. C’est ce qu’il leur reproche. Toutefois, il ne cherche pas à comprendre leurs motifs.

Il ne songe pas à la peur qu’on peut ressentir à l’idée de mourir et de ne pas voir son enfant grandir. La première fois qu’il se confronte à la mort, c’est lors d’un accident dans les bains « La Source », un endroit dont l’accès lui est normalement interdit. Il tente de ranimer le cadavre d’un homme qu’il prénomme intérieurement Fred, ne réalisant pas tout de suite qu’’on ne peut le sauver.

Par ailleurs, ce déni de la mort se ressent également dans la devise des immortels : « oublie la mort ». On leur a appris que le trépas appartient au passé, que l’Homme a dépassé les Dieux depuis longtemps.

Au sortir de la caverne

Cela dit, certains éléments viennent compléter l’éducation qu’on a reçue. Notamment les rencontres.

Lors d’une mission où il doit capturer un des représentants du Parti de la Vie, opposant de la politique mise en vigueur, il fait la connaissance de la femme de ce dernier, Annelie. Les sentiments qu’il éprouvera pour elle seront un puissant facteur dechangement. Il se met à agir à l’encontre des ordres et de ses principes pour la protéger, puis pour lui faire plaisir.

Lorsque l’auteur soulève la question de la stérilité, il nous montre que Jan considère celle-ci comme une bénédiction avant tout. Toutefois, avec la jeune femme qui estime qu’elle devrait avoir le choix de donner la vie ou non, il en vient à trouver injuste que la condition physique puisse primer sur le libre-arbitre.

De même, le principe de liberté de penser auquel a toujours adhéré son collègue et ami Basile ne s’imprime dans son esprit que très tard dans le bouquin.

Celui-ci avait en effet conservé les dernières brides de l’éducation que lui avait donné sa mère auparavant.Il ne s’est jamais laissé persuadé qu’elle faisait partie des criminels, y compris après qu’on l’ait envoyé à la crypte. Il a préféré garder sa façon de penser, se contentant de jouer un rôle devant les autres.

Jan ne comprenait pas cette obstination, ni sa fâcheuse manie à se mettre en danger pour ses idées. Ayant renoncé à se révolter depuis longtemps, il l’admirait pour cela. Au fil de ses expériences, il s’approprie ces notions de liberté de penser, de libre-arbitre.

Il rouvre doucement les yeux sur le monde qui l’entoure. Adopte le point de vue de gens qu’il a ou qu’il aurait traqués auparavant. Ainsi, l’Immortel sort timidement de la caverne pour embrasser la lumière.

CONCLUSION

L’éducation qu’on reçoit influence grandement notre devenir en tant que personne. Cela dit, elle est complétée par l’ouverture d’esprit qu’on acquiert à travers nos rencontres et nos expériences. Plus l’on fait de choses, plus l’on connait des gens avec un autre point de vue, plus sa propre façon de penser devient obsolète. L’évolution de Jan dans FUTU.RE le démontre parfaitement.

Ainsi s’achève ce petit article qui survole d’assez haut un des nombreux sujets abordés par Dmitri Glukhovsky. Si vous souhaitez que j’écrive sur un autre thème présent dans ce roman, n’hésitez pas à en m’en faire part.

En attendant, jetez un coup d’oeil à l’univers de FUTU.RE en cliquant sur le lien suivant : ici !


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