LA PRESSION DE LA VINGTAINE

LA PRESSION DE LA VINGTAINE

L’arnaque de la vie d’adulte 

À mes yeux, devenir adulte était la suite logique après l’adolescence. Nous quittons peu à peu le cocon familial pour enfin devenir libre, serein et responsable. Alors, pour suivre ce schéma, j’ai déménagé dans une autre ville, j’ai obtenu mon permis et j’ai commencé à appréhender la vie. Mais j’ai très rapidement été rattrapée par la réalité. En fait, on ne se sent ni libre, ni serein, ni responsable, juste totalement perdu. Personne ne m’avait prévenue que je continuerai à douter, à me sentir nulle, à penser que je ne suis pas à la hauteur et à remettre en question toutes mes décisions.

J’ai l’impression d’avoir été bercée d’illusions et noyée dans une mare de mensonges.

Appelez ça comme vous voulez : crise du quart de siècle, crise de la vingtaine, crise existentielle et même longue traversée du désert, rien ne la fera disparaître car elle existe bel et bien. 

Je n’ai jamais eu peur de grandir. À 18 ans, j’étais même ravie de pouvoir partir de chez mes parents, quitter la campagne pour découvrir la ville et profiter des années étudiantes qui m’attendaient sur Bordeaux. J’étais majeure et j’avais enfin mon indépendance. Après mon adolescence, toutes mes meilleures années restaient à venir, la vie m’avait bien forgée, je n’avais plus qu’à profiter.

Vous vous en doutez, tout ne s’est pas passé comme prévu

Passer sa vie à courir après le temps

À mon arrivée à Bordeaux, j’ai emménagé dans une colocation avec des inconnus, dans une ville que je ne connaissais pas et j’étais étudiante à la fac. J’ai dû m’adapter rapidement à un nouveau quotidien opposé à mon précédent.

Au début, j’ai rencontré de nouvelles personnes, visité des lieux comme une touriste, goûté aux nouvelles gastronomies qu’offrent la ville, découvert les fameuses soirées étudiantes et j’en passe. Tout allait bien, mais au fur et à mesure, les cours sont devenus plus gourmands, les devoirs aussi. Mes amis voulaient de plus en plus sortir et mon temps libre se réduisait jour après jour. Pas que je m’en plaigne, au contraire, je profitais bien.

Jongler entre les amis et les cours, c’était facile, jusqu’à ce que d’autres responsabilités entrent en jeu. Parce qu’être adulte, c’est aussi avoir une liste de choses à faire qui défile en arrière-plan dans son cerveau nuit et jour.

Gérer un tas de responsabilités en même temps

Trouver un appartement, déménager, acheter une voiture, remplir les démarches administratives (APL, déclaration d’impôt, inscription à la fac, carte de sécurité sociale, mutuelle, assurance auto, compte courant) et j’en passe, sont une courte liste des responsabilités découvertes à mon arrivée à Bordeaux. 

Une tonne de paperasse diverse et variée pour obtenir des aides, des droits et être en règle, tout simplement. Heureusement que je n’étais pas seule, que ma mère me supervisait dans mes démarches car sinon je sais que j’aurais laissé une montagne de papiers sur mon bureau, sans même y toucher. 

Responsabilité
@boomerangculturel

Sans oublier toutes les responsabilités quotidiennes auxquelles nous devons faire face quand nous vivons sans nos parents : faire les courses, cuisiner, faire sa lessive, repasser, ranger son appartement, etc.. Elle est bien loin l’époque où je n’avais qu’à poser le couvert et vider le lave-vaisselle. Dire que je me plaignais déjà de faire ça, si j’avais su ce qui m’attendait…

Les responsabilités font partie intégrante de la vie d’adulte. J’ai remarqué, ces trois dernières années, que plus nous avançons dans notre vie, plus il y en a. Et ce n’est pas pour me réjouir. 

Imaginez dans quelques années, diriger une société, acheter une maison et avoir des enfants, ce n’est qu’un court aperçu des responsabilités à venir. Et, je ne vais pas vous mentir, ça me fait peur. 

Même si dans notre tête, nous nous considérons adulte, nous avons extrêmement peur du futur et nous n’avons jamais envisagé tout ce qu’être adulte impliquait.

Trouver un sens à sa vie et s’y tenir

Depuis longtemps déjà, je me pose un tas de questions sur mon avenir. En primaire, quand la maîtresse me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais « pilote d’avion », alors que j’avais jamais pris l’avion. Puis, j’ai voulu être photographe, mais mes professeurs préféraient que je continue mes études. Alors, je suis allée au lycée, en générale, sans savoir vers quel domaine je me dirigeais. Finalement, je me rends compte que c’était les autres qui choisissaient pour moi

Enfant et même adolescente, j’ai toujours eu des doutes sur mon avenir, je les laissais traverser mon esprit sans m’y attarder. Parfois ils remontaient à la surface mais je les noyais rapidement. Or, au lycée, ils a fallu les affronter pour trouver une voie professionnelle, ou du moins une poursuite d’étude. Il fallait dénicher le métier parfait : qui paye bien, qui soit facile d’accès, qui ne soit pas une niche et où trouve facilement du travail, ça fait beaucoup de conditions. Forcément, n’ayant pas trouver LE métier de mes rêves, répondant à tous ces critères, j’ai prolongé mes études dans le domaine qui me plaisait le plus : l’art. 

Toutefois, même si mes études en fac d’art étaient enrichissantes, je n’avais toujours pas la moindre idée de ce que j’allais faire de ma vie. Alors je suis partie. J’ai changé de voie, je me suis réorientée vers une formation plus professionnalisante, toujours dans le milieu artistique mais en y mêlant du numérique.

Ça n’a pas été facile comme décision, car j’avais conscience que je perdais une année scolaire. Et pourtant, je ne regrette pas mon choix car cette expérience à la fac m’a menée où je suis aujourd’hui. 

Ce sont nos expériences qui nous font prendre telle ou telle décision et qui guident nos vies chaque jour.

Alors oui, j’ai douté, je me suis réorientée et ça n’a pas toujours été facile mais nous ne pouvons pas toujours réussir du premier coup. 

Courir après le temps
@boomerangculturel

Les études c’est une épreuve à franchir : trouver sa voie, être accepté pour ses voeux, trouver un appartement, déménager, changer de ville, rencontrer de nouvelles personnes, trouver un stage, etc. Chaque épreuve forge notre caractère et nous permet d’appréhender notre vie future.

Aujourd’hui, je pense avoir trouvé ma voie professionnelle, pourtant, si je devais vous donner un métier précis, je vous répondrais que je souhaite travailler dans la création digitale et que j’aviserai du métier exact quand je serai en recherche d’emploi. 

Finies les prises de tête inutiles, maintenant je fais ce que j’aime.

La pression de la société sur les relations

Qui n’a jamais entendu cette fameuse phrase : « T’inquiètes pas, je suis sûre que tu vas trouver quelqu’un » ? Merci de t’en inquiéter mais je ne cherche pas. La pression sociale autour du couple affecte beaucoup de célibataires qui vivent mal leur solitude. 

Je suis célibataire et ça ne me dérange pas. Je m’explique : j’ai toujours été très entourée, ce qui fait que je n’ai pas souvent ressenti l’envie d’avoir quelqu’un de plus dans ma vie. Je considère que si un homme entre dans ma vie, c’est uniquement pour l’améliorer et non pour combler l’envie d’être en couple. Je vis au jour le jour en amour.

Je ne souhaite pas me mettre en couple pour la simple raison d’être en couple.

Mais avouons-le, nous nous comparons tous aux autres. En grandissant, notre feed Instagram et Facebook se remplit d’actualités en tout genre : un tel se marie, une telle est enceinte, un autre fait le tour du monde, un autre encore est devenu directeur d’entreprise et au fur et à mesure j’ai eu l’impression de stagner dans ma vie

Plus on grandit, plus c’est compliqué de vivre le moment présent. Le manque de temps se fait ressentir et l’envie de s’engager devient oppressante. 

Si la pression de la société n’aide pas, nos proches non plus. A peine la vingtaine passée, une ribambelle de questions font leur apparition : 

  • Tu as un copain?
  • Ça ne te stresse pas d’être célibataire?
  • Quand est-ce que tu vas te fiancer?
  • Tu veux avoir des enfants?
  • Quand est-ce que je vais devenir mamie?
  • Est-ce que tu es heureuse?
  • Tu vas faire quoi après tes études?
  • Est-ce que tu es sûr(e) de trouver du boulot en faisant ces études?
  • Est-ce que tu veux partir vivre à l’étranger?

Et encore la liste est bien plus longue. Mais laissez-moi tranquille! Je n’étais pas prête à recevoir autant de questions.

Se comparer aux autres est une mauvaise idée. Premièrement, c’est un gouffre à questions existentielles sans réponses, deuxièmement, c’est une source d’angoisse inépuisable.

Vous connaissez le fameux schéma parfait? Celui qui dit qu’il faut trouver un(e) copain(e), se fiancer, investir dans une maison, acheter un chien, se marier, avoir son premier enfant puis son deuxième. C’est un schéma très idéalisé, à la Disney. Pourtant, sans s’en rendre compte, la société nous juge quand nous nous éloignons de ce schéma caricatural.

Finalement, c’est une question d’éducation et d’objectifs. Certains favorisent leur carrière professionnelle, d’autres leur vie de famille ou leur rêve de voyager, chacun à le droit de vivre comme il l’entend, en priorisant ce qui le rend heureux.

Tout le monde n’a pas une vie stable pour accueillir un enfant à 25 ans.

J’ai peut-être une vision moins traditionnelle de ma vie. Je préfère profiter, être ambitieuse, m’épanouir professionnellement avant de penser à me marier et à avoir des enfants. Je sais que ce n’est pas l’avis de tout le monde et tant mieux. Chacun est libre de vivre en prenant ses propres décisions de vie.

J’ai aussi l’impression qu’à partir de 20 ans, c’est à ce moment-là que nous devons faire des choix essentiels pour le reste de notre vie. C’est maintenant que je dois choisir où je vais vivre, avec qui, où je vais travailler, dans quel domaine, etc. Nous sommes en train de construire notre avenir petit à petit.

S’assurer un avenir heureux

Gérer sa vie professionnelle et personnelle
@boomerangculturel

Parfois, j’ai l’impression que pour certaines personnes c’est facile ; facile de prendre des décisions, comme si pour eux, c’était une évidence

« J’ai toujours voulu être infirmière. », « Je sais qu’un jour je me marierai avec lui. », « Plus tard, j’habiterai à Londres. ».

Posez-moi ces questions et je vous répondrai que je n’en ai pas la moindre idée. Alors, est-ce que je vis au jour le jour ou est-ce que je suis juste totalement perdue?

Je suppose que j’aurai les réponses à mes questions un jour, en attendant je m’efforce de ne pas trop y penser.

Pour certains, la vie est comme une évidence, pour moi, j’ai constamment besoin de me remettre en question, de réfléchir, d’essayer un chemin puis un autre, de me tromper et de recommencer. J’intellectualise peut-être trop ma vie, mais quand on y pense, c’est mon avenir qui est en jeu, alors c’est logique de se prendre la tête.

Le poids qu’on nous met sur les épaules, cette pression constante de la société et des autres nous pousse à nous poser ces millions de questions existentielles. Je pense que nous passons tous par là et finalement, c’est notre moyen de nous construire nous-mêmes.

Nos relations nous enrichissent. Que ce soit nos amis ou nos amours, ils sont une aide précieuse au quotidien et il ne faut pas négliger leur impact dans nos constructions identitaires. Nous avons tous besoin d’être entourés.

Conclusion

Parfois l’époque d’avant mes 18 ans, quand j’étais encore chez mes parents, me manque. Je n’avais rien à faire ni rien à penser.

Si je devais vous faire un nouvel article d’ici deux ou trois ans, j’espère que je me poserai moins de questions, que j’aurai avancé dans mon cheminement, que j’aurai pris des décisions et que je serai plus sereine.

Nous passons tous par des phases et des expériences différentes et nous avons tous des objectifs de vie différents. Certains sont faits pour être de jeunes parents et avoir un schéma traditionnel, d’autres sont plus atypiques et préfèreront voyager à travers le monde en sac à dos. C’est un choix de ne pas vouloir se marier, comme c’est un choix de vouloir être parent jeune.

Le schéma parfait fait rêver mais ce n’est peut-être pas lui qui nous correspond et qui nous rendra heureux. Donc j’essaie petit à petit de créer mon propre schéma de vie, certes moins conventionnel mais qui au fond me correspond et est plus proche de mes envies et de mes besoins.

Nous ne pouvons pas arrêter les gens de nous poser des questions, par contre nous pouvons les recevoir sans pression. La vie est faite d’opportunités alors laissez-vous vivre!

Si certaines personnes dans la vingtaine ressentent cette pression, j’aimerais vraiment que vous la partagiez en commentaire. Dites-moi quelles sont vos difficultés, vos envies et ce que vous pensez de cette pression de la vingtaine. Vous la ressentez aussi?


 🔸 Merci pour votre lecture. 

🔸 Si ce petit défi vous a plu, vous a touché ou vous semble incomplet, n’hésitez pas à partager votre avis constructif en commentaire. Nous serions ravies d’échanger avec vous sur ce sujet. 

 🔸 En attendant vous pouvez nous suivre sur Instagram : @boomerangculturel

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  1. J’ai beaucoup aimé cet article, à la fois très personnel et dans lequel j’ai réussi à me retrouver ! Il y a quelque chose dans cette idée de « parcours » qui m’a toujours dérangé ; certainement les attentes qui se trouvent derrière, la pression sociale dont tu parlais. J’ai la chance de ne pas (encore) l’avoir trop l’avoir subi de la part de mes proches, mais j’ai déjà eu plusieurs fois la question de la viabilité de mes études, de mes relations amoureuses etc. D’ici quelque temps je pense que celle du CDI et des enfants finira par se poser ! (Et là je n’aurais pas fini d’en entendre parler…)

    Heureusement j’ai l’impression que des parcours de vie moins traditionnels voient de plus en plus le jour, notamment grâce à la montée du numérique, qui permet de travailler de n’importe où si on s’en donne les moyens ; ou celle freelancing, qui devient un choix professionnel de plus en plus courant. Il y a encore de nombreuses incompréhensions sur ces questions-là, mais je pense que nous ne sommes qu’au début d’une vague qui ne fera que monter en puissance. Même si l’idée de se trouver soi-même, de suivre sa passion et de toujours être productif apporte son propre lot de problèmes, on ne peut pas nier que c’est un encouragement à devenir ce que nous souhaitons, et ce même si cela implique de sortir des schémas de vie plus traditionnels. (Par contre trop d’originalité n’est pas encouragé non plus, bizarrement… Mais quitte à faire les choses à moitié, autant de rien faire du tout.)

    Plutôt que de me prendre la tête à chercher le métier de mes rêves pas exemple (avant même de l’avoir essayé !), je pense que je vais plus adopter la philosophie du « live and let live ». De toute façon nous aurons bien le temps de changer d’avis, mais pour ça il faut encore se jeter dans le grand bain et tester de nouvelles choses !

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